Le Kyphi égyptien


A l'époque pharaonique, le parfum occupait déjà des fonctions bien spécifiques dans la vie des populations de l’Est du bassin méditerranéen. La plus célèbre et mystérieuse des compositions aromatiques Egyptiennes est le Kyphi. Il servait pour de nombreux usages : en fumigation ou mêlé à des boissons, tel que le vin. Son emploi était sacré, profane et thérapeutique, à la fois. Nous connaissons cinq recettes de ce parfum antique. Deux versions Egyptiennes : l’une inscrite à Edfou en hiéroglyphes (147-105 avant J.C) a été partiellement retranscrites sur les murs du temple de Phile à l’époque romaine, et trois textes grecs de Dioscorides, Plutarque et de Galien.
Le Kyphi est composé d’une quinzaine d’ingrédients dont dix apparaissent communément dans les différentes formules : du souchet, des baies de genièvre, des raisins secs, de la résine de térébinthe purifiée, du roseau odorant, des fleurs de genet, du jonc odorant de la myrrhe, du vin, du miel. Les écrits grecs dévoilent d’autres aromates venant s’ajouter à cette composition tels que cannelle, cardamome, safran et cimamome. Quant aux égyptiens, ils additionnaient plutôt de la menthe et du henné. La fragrance de cet étrange mariage d’arômes exhale la senteur et le goût des résineux, avec une note finale épicée.
Nous proposons ici une version simplifiée, sous forme de parfum moderne. Toutefois les ingrédients aromatiques principaux sont présents et cette préparation est constituée uniquement de produits naturels qui existaient déjà au temps des pharaons…

Ingrédients :
Alcool 100ml
Huile essentielle de Genièvre 1,5ml
Absolue de Genet 9 ml
Absolue de Rose 4,5 ml
Huile essentielle de Myrrhe 1,5ml
Huile essentielle de Cannelle 1,5ml
Huile essentielle de Cardamome 1,5ml
Résinoide de Benjoin 1,5ml
Huile essentielle de Cèdre 3ml

Assembler les huiles essentielles dans l’alcool. Mélanger et laisser reposer un mois. Procédez au glaçage en laissant votre flacon une nuit dans le congélateur puis filtrer avec un filtre à papier fin (spécial parfumerie). Votre parfum est prêt, mais il est préférable de le laisser «mûrir » pendant quelques mois avant de l’utiliser.

* Ces recettes et bien d'autres sont disponibles dans le livre: "des parfums à faire soi-même" de Nicolas de Barry (Ed Minerva).

UN PARFUM A FAIRE SOI-MÊME

Nicolas de Barry partage avec vous une recette simple d'un parfum à la mode au XIXème siècle





Voici une recette simple que vous pouvez réaliser chez vous avec des huiles essentielles naturelles.

Parfum pour un mouchoir

Cette recette de la fin du XIXème siècle illustre un art de vivre, et une manière particulière de se parfumer. Le parfum se cache sous les replis des robes, des jupons et des mantes… Au fond d’un sac, un mouchoir est le signe olfactif de la personnalité de son propriétaire: on le donnera à son amant, ou on le laissera tomber négligemment pour que le soupirant s’en inspire – au sens propre – et le rapporte. Les gants aussi seront parfumés pour le baise- main.
La femme met le mouchoir à son nez pour se rappeler qu’elle est belle et désirable…
Cette recette nostalgique vous donnera peut-être l’envie de revenir à ces modes raffinées, ou bien vous resterez fidèle au mouchoir en papier jetable, aromatisé à la menthe ou au citron synthétique !
Ce parfum, vous en laisserez quelques gouttes sur votre mouchoir et dans vos gants, mais vous pourrez aussi vous en parfumer le corps ; il est à la fois frais et sensuel : la Rose, l’Ambre et la Civette en assurent la pérennité, la Lavande et le Vétiver l’allègent un peu. Choisissez des mouchoirs en dentelle pour que l’effet soit absolu.

Ingrédients :
Alcool, 100ml
Absolue de Rose, 6ml
Huile essentielle de Lavande, 3 ml
Néroli, 3 ml
Vanille (teinture), 2ml
Huile essentielle de Vétiver, 2 ml
Huile essentielle de bourgeons de cassis, 0,5 ml
Ambre, 2 ml
Civette, 0,2 ml



Mélanger et laisser reposer un mois. Procédez au glaçage en laissant votre flacon une nuit dans le congélateur puis filtrer avec un filtre à papier fin (spécial parfumerie). Votre parfum est prêt, mais il est préférable de le laisser «mûrir » pendant quelques mois avant de l’utiliser.
(cette recette est tirée du livre "Des parfums à faire soi-même" de Nicolas de Barry)



EAUX DE COLOGNES ANCIENNES

Les "Grandes Eaux" de la parfumerie




Tout commença par le goût immodéré de Louis XIV et surtout Louis XV pour les senteurs d' agrumes. D'où les fameuses orangeries qui devinrent un accessoire incontournable de l'économie des châteaux royaux et bientôt de toutes les demeures aristocratiques. Mais ces orangeries fournissaient aussi pour la fabrication des eaux, d'importants contingents olfactifs. Les citrons étaient "caressés" avec une éponge naturelle puis celle-ci était pressée afin de recueillir en douceur quelques goutes d'huiles essentielles...
Ces parfums nouveaux légers, propres à la friction et aux besoin de l’hygiène corporel quotidien, devinrent au XIXème siècle une référence sous le nom générique d'Eaux de Cologne.
Dans la tradition des Eaux  anciennes, Nicolas de Barry a reformulé deux jus précieux:



L´Eau du Cardinal
L'Eau du Cardinal, un parfum tout en agrumes, est rehaussée d'une pointe de Néroli, précieuse et fraîche, comme en portaient les ecclésiastiques et les aristocrates à Versailles, sur les pas de Richelieu, Mazarin ou du Cardinal de Bernis, le confident de la Pompadour et le partenaire de Casanova...




L´Eau du Vizir
L'Eau du Vizir, est une fragrance  pour les étés brûlants du Moyen Orient avec cette touche de Vétiver et de Basilic, propre à rafraîchir la peau sous le soleil, à donner à l'ombre du Palais, un sillage de Grand Seigneur...

NICOLAS DE BARRY A L'EXPO ESXENCE DE MILAN:
Conférence sur la parfumerie naturelle, ce samedi 25 mars.




Les parfums naturels ont-il un avenir en parfumerie ? Telle est la question à laquelle Nicolas de Barry tentera de répondre lors de sa conférence devant le public de Esxence-Milan.


Exclusivement naturels pendant des siècles, les parfums sont devenus de plus en plus synthétiques à partir du XXème siècle. Peut-on revenir aux méthodes et matières premières ancestrales ? Les produits les plus chers comme le Oud deviennent à la mode: mais de quels produits s'agit-il ? Peut-on utiliser les parfums naturels comme les synthétiques ? Y-a-t-il des nouvelles matières premières naturelles propres à révolutionner le marché ?

 Nicolas de Barry apportera son témoigneage, en se basant sur son expérience de créateur. Il abordera d' abord la dimension historique du sujet puis soulignera l'importance des matières premières disponibles, et de nouveaux produits, de leur prix (souvent très élevé), des contraintes réglementaires et abordera quelques cas comme l'Ambre de Cachalot, les différentes roses et surtout s’attardera sur le cas emblématique du bois d'Aloés (plus connu aujourd'hui sous son nom arabe de "Oud"), utilisé depuis des millénaires et qui connait un véritable "boom" sur les marchés asiatiques. Il abordera ensuite l'art de la construction d'un parfum classique et de parfums naturels en faisant découvrir à l'assistance des parfums à la rose de Grasse ou de Crimée, au Ylang de la plantation de Jean Paul Guerlain à Mayotte, ou au Santal d'Australie...

Cette conférence sera accompagnée de distribution de mouillettes des matières premières et parfums naturels les plus rares et suivi d'une dédicace des livres et des parfums historiques de Nicolas de Barry.

Plus d'infors: www.esxence.com

parfumdebarry@gmail.com